Situation au Sénégal, mars 2021

Chers amis d’Enfance Action, nous souhaitons partager avec vous le message reçu ce dimanche de Mamoudou Sy, président d’Enfance Action Sénégal, vous en souhaitant bonne lecture.

Chers amis,

J’espère que vous allez tous bien. Je sais que vous vous inquiétez de la situation au Sénégal. Elle est tendue, mais très complexe avec des racines profondes.

C’est une crise politique majeure. Peut-être la plus aiguë que le Sénégal ait connue depuis 1968… des manifestations violentes, avec des dégâts matériels et humains importants, un pouvoir qui fait face à une large coalition de forces d’opposition organisées et de mouvements spontanés.

En réalité il y a eu un ras le bol généralisé des populations qui ont vu leurs perspectives déjà difficiles, aggravée par les « DOMMAGES COLLATÉRAUX DU COVID 19 ». L’état d’urgence et le couvre-feu sanitaire prolongés ont mis l’économie à l’agonie. L’économie informelle qui fait vivre la majorité des sénégalais est à genou et des populations sont dans une grande privation :

  • Le tourisme une des principales mamelles de notre économie est bloqué et tous ses dérivés avec, comme la restauration et l’hôtellerie, l’artisanat, le transport, les petits commerces liés…
  • La pêche et les activités dérivées sont profondément affectées par la crise pandémique.
  • La fermeture des marchés, les marchés forains surtout, prive les producteurs locaux de débouchés, aussi des productions maraichères pourrissent dans leurs lieux de production pour cause de restrictions de déplacements et de fermeture de marchés…
  • Dans les grandes villes où la pression démographique est forte, sont à l’arrêt les activités nocturnes (bars, restaurants, transports, commerces… activités autour des plates-formes aéroportuaires, des gares, etc…) qui en plus de procurer des revenus significatifs à certains secteurs de la population, constituaient un poumon qui leur permet de souffler.
  • Les grands projets de BTP consommateurs de mains d’œuvre sont à l’arrêt du fait du contexte pandémique.
  • Sans compter les drames charriés dans les familles par les milliers de jeunes engloutis ces dernières années dans l’océan atlantique du fait de l’émigration clandestine.
  • D’autres problèmes comme le chômage des jeunes diplômés, les inégalités devant certaines institutions et le sentiment de gabegie d’une certaine élite dans le contexte de pauvreté sont venus s’ajouter au cocktail déjà explosif.

Aussi, voilà qu’une banale affaire « supposée de mœurs » qui implique un député responsable politique, et principal responsable de l’opposition, a mis le feu aux poudres.

Les dégâts sont importants. Nous nous en relèverons difficilement au sortir de cette crise qui risque de se prolonger encore la semaine prochaine.

NB : Les enseignements sont suspendus sur l’ensemble du territoire.

Voilà en résumé ma lecture de la situation. J’espère vous revenir bientôt avec des nouvelles plus gais, dans cette attente recevez mon amitié renouvelée.