Taf Taf juin 2019 - n°19

Petit à petit, de nouvelles formes d’expressions sont arrivées dans le langage commun et on trouve normal d’arriver à dire « je fais des études dans l’humanitaire » ou « je travaille pour une ONG humanitaire ».

Devant ses collègues au travail, devant des amis, ce genre d’expression revalorise toujours la personne qui affirme ces choses là. Mais posons nous la question : c’est quoi l’humanitaire ?

L’humanitaire, en réalité revient à aider toute personne qui, soit par des catastrophes climatiques ou des crises exceptionnelles, a sa propre survie en péril. En fait, donc faire de l’humanitaire c’est surtout aider les humains à ne pas périr. Nous pourrions en conclure que les plus grandes ONG humanitaires sont les religions qui toutes, dans leur philosophie première, préconisent l’amour du prochain, la tolérance, le refus de la mort violente.

A l’heure actuelle, nous nous apercevons qu’au contraire les religions sont à la base souvent des guerres, des pogroms et autres massacres. C’est à dire qu’elles ne remplissent plus leurs rôles mais qu’au contraire, elles sont cause de guerres, d’attentats et d’intolérance. D’où l’intérêt d’avoir trouvé autre chose qui remplace la religion sur ce terrain là : l’humanitaire.

Mais l’humanitaire est maintenant devenu un vrai business. La plus grosse ONG, l’USAID (Agence des Etats Unis pour le Développement International) a un budget de 25 milliards de dollars (80% en frais). C’est à dire que pratiquement il faut des crises pour que ces associations humanitaires puissent continuer à faire voler des avions, faire fonctionner des usines destinées à l’aide pour les pays les plus pauvres. Même à travers des associations dont le mobile est d’aider les plus démunis, il y a indirectement de l’argent à gagner ou à faire gagner aux entreprises de notre société ultralibérale.

Que voit on même au Sénégal ? De puissantes ONG telles que USAID, World Vision dont le siège social est à Londres, UNICEF, sillonnent le pays dans des 4X4 flambant neufs, montent des actions importantes mais sans en assurer le suivi ni la conclusion ! C’est ainsi que la World Vision a foré 60 puits dans la région de Méckhé pour alimenter les populations locales en eau potable, à l’époque l’accès à l’eau était très à la mode, aucun n’a été équipé de pompes ! Moralité : 60 forages inutiles ! Enfance Action a même été contactée pour terminer une école construite par l’UNICEF car ils n’avaient pas construit de toilettes ni fait de raccordement à l’eau, ce n’était pas dans le programme !!

Enfance Action n’a jamais joué dans ce registre là. Ce que nous faisons avant tout, c’est de l’aide au développement, toujours en accord avec les populations, sans jamais imposer nos visions occidentales, sans jamais prendre un centime sur vos dons pour nous payer de beaux 4X4 ni de frais de mission. C’est notre conception de l’humanitaire, dans un total désintéressement et avec comme seule logique l’aide aux plus démunis sans tenir compte des modes et des tendances.